Kadidja a repris des forces, et sa mère a repris espoir !
À Djibo, région du Djelgodji dans le Sahel burkinabè, Boena Aicha n’a plus rien de ce qu’elle possédait à Baraboulé, son village situé à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la ville. Comme des milliers d’autres déplacés internes, elle a dû tout laisser derrière elle et s’installer au secteur 4 de la commune, où la famille ne survit que grâce à l’assistance alimentaire du PAM et du CONASUR.
22 août 2026, Région du Soum, commune de Djibo, Burkina Faso. BOENA Aïcha tenant sa fille MAIGA Kadidja en train de manger le PlumpyNut. Copyright @IRC Burkina Faso
Pour Aicha, cette nouvelle a été de trop. Entre l’épuisement d’une vie de déplacée et l’angoisse de voir son enfant malade, elle a sombré dans le découragement. Les rendez-vous de suivi, elle a cessé de s’y rendre régulièrement. À la maison, elle donnait parfois à Kadidja un peu de bouillie, mais sans l’aliment thérapeutique prescrit, pensant peut-être que cela suffirait, ou n’ayant plus la force d’y croire.
Face aux absences répétées d’Aicha et à un poids qui ne remontait pas, les agents de santé ont décidé d’aller à sa rencontre plutôt que d’attendre. Une facilitatrice en counseling ANJE s’est jointe à eux pour une visite à domicile, menée selon l’approche EVISA. Ce jour-là, quelque chose a changé. Aicha parle elle-même d’un moment où elle s’est sentie écoutée et soutenue, plutôt que jugée pour ses absences.
À partir de là, tout a basculé. Kadidja s’est remise à suivre son traitement, et son corps a répondu. Semaine après semaine, son poids a grimpé : 400 grammes, puis 670, puis 950 grammes de plus sur les trois dernières semaines de sa prise en charge. Le 25 août 2026, elle quitte le programme du centre de santé guérie, avec un poids de 12 kg 100.
Aicha, elle, n’a pas seulement retrouvé sa fille en bonne santé. Elle est devenue une présence active dans les causeries éducatives et les démonstrations culinaires sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, celle qui, aujourd’hui, peut parler à d’autres mères de ce qu’elle a traversé.
Dans le cadre du projet financé par SRF, BOENA Aïcha bénéficie de l’approche « Brighter Future » mise en œuvre par l’IRC, qui combine les secteurs de la santé et de la protection de l’enfance.
Les enfants participent à des activités ludiques et éducatives tout en suivant le programme de lutte contre la malnutrition, afin de stimuler leur développement et d’accélérer leur rétablissement. Les mères, quant à elles, bénéficient de conseils et d’un accompagnement pour mieux prendre en charge la santé de leurs enfants.
Financé par le Sahel Regional Fund (SRF), ce projet mis en œuvre par l'IRC en partenariat avec AMMIE et CPOF (01/09/2025 – 30/05/2027) vise à renforcer durablement la résilience de plus de 65 000 personnes affectées par la crise dans les régions du Yaadga et du Soum du Burkina Faso. Son ambition est d’accompagner les populations à chaque étape : survivre face aux crises actuelles, se relever efficacement après les chocs récurrents, puis gagner en autonomie face aux crises futures, afin de réduire progressivement leur vulnérabilité et leur dépendance à l’aide humanitaire.
Pour y parvenir, le projet adopte une approche multisectorielle qui associe la santé préventive par la vaccination, la sécurité alimentaire grâce à la production et à la reconstitution du cheptel, une protection communautaire renforcée, un soutien économique par les activités génératrices de revenus (AGR) et les groupes d’épargne, ainsi que des outils adaptés à la prise en charge de la malnutrition.